jeudi 5 mars 2009

Didier Fiuza FAUSTINO/Le Bureau des Mésarchitectures

The Ultimate Safety Resorts (Hôtels d'Extrême Sûreté - Ultimes Hôtels Sécurisés), 2005

Avec la collaboration de Pascal Mazoyer, Mathieu Herbelin, Melissa Epaminondi
Avec la participation de l'entreprise France Lanord & Bichaton

Didier Fiuza Faustino est né en 1968. Diplômé de l'Ecole d'Architecture de Paris Villemin (1995), il a fondé le Laboratoire d'Architectures Performances et Sabotages (LAPS, Paris, 1996), l'Atelier Pluridisciplinaire "Le Fauteuil vert" (Paris, 1997), la revue d'esthétique "Numeromagazine" (Lisbonne, Portugal, 1998), le Bureau des mesarchitectures, avec Pascal Mazoyer (Paris, 2001). Il remporte le premier prix d'art contemporain "Premio Tabaqueiro 2001" (Lisbonne, Portugal). Le Bureau des Mesarchitectures est lauréat des nouveaux albums des jeunes architectes 2001-2002 (Paris, 2002). Aujourd'hui, il vit et travaille à Paris.

Performances, vidéos, expositions, textent se combinent aux recherches architecturales de Didier Fiuza Faustino. L'architecture, telle qu'il la conçoit, résulte d'une expérience du corps, de ses contraintes physiques, politiques et de son exploration "topomorphique". En cherchant à donner vie à l'espace par le corps, Didier Fiuza Faustino rend indissociables les productions artistique et architecturale qui le caractérisent.

Lors de la Biennale de venise en 2000, il exposa une valise destinée au transport aérien d'un clandestin, "Body in transit" (corps en transit - collection Musée National d'art Moderne, centre georges Pompidou, Paris), valise "conditionnée" pour cette fonction, à la forme moulée sur le corps replié. Il stigmatisait ainsi le nomadisme forcé de populations condamnées à l'exil et aiguisait notre conscience de la réalité. Le conteneur pour individu énonçait de manière emblématique ce vers qoi tend l'ensemble des recherches et projets de Didier Fiuza Faustino : la dialectique entre le corps et l'espace, avec toute l'ambiguité que cela suppose.

Son approche de l'architecture se veut multiforme, entre expérimentation et installation. Ainsi ce sol aquatique présenté en 2001 au Musée d'art Moderne de la Ville de Paris (ARC. exposition "Traversées"), par lequel les visiteurs étaient invités à percevoir et prolonger une expérience spatiale.

La démarche de Didier Fiuza Faustino interroge la perception de "l'instabilité visuelle et physique", qui fait de l'architecture une interface active entre notre corps et son inscription dans l'espace-temps. Il explore le passage entre espace physique et politique, entre espace "perceptuel" et architectural.

Avec la Maison d'Alice (collection FRAC-Centre), il déploie un "interstice" de latex, une membrane fibreuse, souple qui relie deux pavillons, suscitant nombre de questionnements (propriété, devenir de l'architecture, territorialité, corporalité, etc.). Une architecture de l'entre-deux.

1m2 house_(2003), la maison d'n mètre carré, résulte de l'assemblage de modules standardisés sur une unité de base du territoire, soit 1 m2. L'objet premier de la maison est selon l'auteur de ramener la question de la valeur relative du foncier dans le champ de l'architecture. Entre "hyperfonctionnalisme" et utopie, ce projet questionne aussi les notions modernistes de l'habitat minimum et de l'industrialisation, poussées ici à leur extrémités.

Casa Nostra_(2003), "maison du libre partage des biens culturels", s'inscrit dans une lignée bienspécifique, celles des maisons de la culture, des maisons du peuple. Mais la proposition diffère quelque peu. Il est question ici de prêts d'espaces libres d'accès, de salons favorisant le rassemblement de petits groupes pour partager les biens communs culturels mis à disposition par l'Etat.

Spacemaker (capsule, instrument tridimensionnel de perception, 1996), "An urban Peep-show" (Personal Billboard, maison individuelle dotée d'un écran géant, 1999), "Love me tender" (chaise métallique aux pieds acérés), "Urban Rhizome" (An hotel for aliens, module d'habitat intégré, module à forme de pièce de puzzle pouvant constiter par encastrement une nappe résidentielle reproductible à l'infini, 1999).
"Users & Abusers 2_0 (mur imposant de plusieurs mètres de long, gonflable, présenté à la Biennale de Venise en 2002), "Stairway to Heaven"(cage d'escalier isolée menant à un terrain de basket pour joueur unique), "Body in transit", "Casa Nostra", "1 m2 house", triptyque "Objets solubles, corps insondables" (vidéo, 2000) sont des travaux sur l'apparence, la perception, la notion d'apesanteur, le mouvement,etc. Les projets de Didier Fiuza Faustino provoquent certes de l'inconfort, mettant à mal toute idée préconçue, mais ils suscitent biendavantage encore trouble et jubilation.

« En amont de tout design urbain ou architectural, U.S.R. est un projet immobilier : une proposition de nouveaux territoires destinés aux urbains des classes privilégiées.

Il s'agit de remédier à l'injustice du partage du territoire : jusqu'ici, pour profiter des sites les plus remarquables l'élite était contrainte à l'enfermement : marinas idylliques encloses de hauts murs barbelés, miradors et sécurité renforcée les préservant des intrusions malveillantes, du spectacle obscène de la pauvreté. Comment jouir pleinement d'un séjour, fût-il des plus luxueux quand tout vous rappelle la violence et la menace que représente le monde extérieur ?
U.S.R. est l'ultime destination : des plates-formes autonomes amarrées dans des paysages de rêve, à bonne distance des côtes, offrant de tous cotés un panorama libéré des contraintes sécuritaires.
Laissant place à l'élégance et au calme : des suites sophistiquées conçues par les grands architectes, des restaurants aux cuisines raffinées, des thermes, bains et piscines au luxe exquis, au coeur du paradis.

Pour quelques jours d'apaisement total, pour traiter une affaire dans les meilleures conditions ou pour le plus inoubliable des voyages de noces, Ultimate Safety Resorts, l'évasion favorite des gens de goût. » DFF

Ressources : www.mesarchitecture.com


1 commentaire:

  1. Salut Emilie,
    j aime bien ton blog !
    J espere que tu vas le continuer, inlassablement.
    bye !

    Etienne

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