Desert Cities, 1992-2005 - Installation
Aglaia Konrad est née en 1960 à Salzbourg. Elle a fait ses études à l'Académie des Beaux-Arts Jan Van Eyck au début des années 1990. Elle a participé à de nombreuses expositions telles que : Cities on the move (Vienne), Documenta X, etc. Elle a également publié plusieurs ouvrages : "Another &another &another act of seeing urban space" en 1997, "Orbis Terrarum", "Ways of worldmaking" en 2000, "Elasticity" en 2002 (avec des textes d'Antonio Guzman, Daniel Kurjakovic et Eran Schaerf). Aujourd'hui, elle vit et travaille à Bruxelles.
Pour Aglaia Konrad, les villes dans lesquelles nous vivons sont complexes et fascinantes. Cependant, il faut souvent qu'est lieu un moment de crise, de menace ou un brusque changement pour que se dévoile de façon plus intense et précise l'intérêt de ces cités. Aglaia Konrad qui travaille habituellement à Rotterdam et Bruxelles, a les yeux expérimentés d'une globe trotteuse citadine.
Aglaia Konrad a recensé de multiples conditions urbaines dans le monde entier, disparates mais offrant cependant, de nombreux points communs. L'urbanisme que développe Aglaia Konrad peut être compris comme une pensée de structures communautaires. Ses photographies - toujours des images de villes - suivent le critère d'ordre tracé d'après ce modernisme classique que l'on doit à des modes de représentation issus de la Renaissance.
L'ordre et le chaos des espaces urbains, comme ils se manifestent à l'arrière plan et au premier plan des photographies, sont associés à des vues du ciel qui révèlent le fait que ces espaces urbains ne peuvent exister sans le code de l'organisation, des abscisses et des ordonnées.
Avec des gros-plans de populations en mouvement, douées d'ubiquité dans ces espaces urbains, des photographies d'immeubles modernistes ou de salles d'attente publiques, de prestigieuses salles de réception, la photographe semble nous présenter toutes les possibilités de représentations de l'espace urbain, soulève la question de la statique et de la dynamique, celle de l'ordre et du chaos et apporte différentes réponses à la question du développement urbain, moderne et dynamique. Les séries de photographies d'Aglaia Konrad attirent notre attention sur cette histoire urbaine car elles nous présentent des lieux que nous avons tous un jour parcourus, vus, utilisés.
Sa scénographie est à mettre en relation avec l'intérêt qu'elle porte à l'espace d'exposition et son lien avec l'extérieur. Utilisant des fenêtres, des portes ou n'importe quel type d'ouverture, l'artiste cherche à formuler un certain type de montage reliant le document d'archive à la situation actuelle.
Aglaia Konrad a établi des projets de petites publications variées regroupant des problématiques plus spécifiques. Avec cette pratique de la publication, elle questionne le rôle de la forme (représentationnelle) une fois imprimée.
« A la fin des années 1970, le gouvernement égyptien décida de bâtir des villes nouvelles dans le désert afin de freiner la croissance d'Alexandrie et du Caire, tout en combattant l'urbanisation des terres cultivables. D'où un programme public ambitieux, axé sur l'infrastructure et la constructon de logements, qui fut suivi et développé par des projets d'investissements privés. La plus ambitieuse de ces cités du désert est Sadad City, conçue comme une nouvelle capitale, avec des habitations et des bâtiments publics luxueux. Mais les autres villes plus proches du Caire, ne sont pour la plupart que des cités-dortoirs (...). Dans son ensemble, l'opération n'a pas semblé et ne semble toujours pas "fonctionner" comme prévu. Le programme n'en a pas moins été exécuté, depuis plusieurs décennies, comme planifié au départ. La conséquence en est un cercle de "banlieues" monotones, inachevées, à moitié vides et déjà largement délabrées dans le paysage désertique - et donc sublime à sa manière - qui entourre le Caire. Des rues et des lampadaires et des parcelles en attente de maisons qui n'arrivent pas ; des séries de blocs identiques, séparés par des terrains en friche et non par de la verdure, comme le suggère les brochures promotionnelles ; des villas abandonnées que les banlieusards ordinaires ne peuvent pas s'offrir et où les riches ne veulent pas habiter ; des façades aveugles derrière lesquelles personne ne vit, avec, ça et là, une fenêtre ouverte, du linge sur un balcon, ou une terrasse décorée de peitures ou de carreaux traditionnels.
Ces villes du désert, Aglaia Konrad les a photographiées pour la première fois en 1992, et elle y est retournée une bonne décennie plus tard. Le nom du projet est : Desert City... » BV
Extrait du texte de Bart Verschaffel, Desert Cities, in catalogue de l'exposition
Aglaia Konrad est née en 1960 à Salzbourg. Elle a fait ses études à l'Académie des Beaux-Arts Jan Van Eyck au début des années 1990. Elle a participé à de nombreuses expositions telles que : Cities on the move (Vienne), Documenta X, etc. Elle a également publié plusieurs ouvrages : "Another &another &another act of seeing urban space" en 1997, "Orbis Terrarum", "Ways of worldmaking" en 2000, "Elasticity" en 2002 (avec des textes d'Antonio Guzman, Daniel Kurjakovic et Eran Schaerf). Aujourd'hui, elle vit et travaille à Bruxelles.
Pour Aglaia Konrad, les villes dans lesquelles nous vivons sont complexes et fascinantes. Cependant, il faut souvent qu'est lieu un moment de crise, de menace ou un brusque changement pour que se dévoile de façon plus intense et précise l'intérêt de ces cités. Aglaia Konrad qui travaille habituellement à Rotterdam et Bruxelles, a les yeux expérimentés d'une globe trotteuse citadine.
Aglaia Konrad a recensé de multiples conditions urbaines dans le monde entier, disparates mais offrant cependant, de nombreux points communs. L'urbanisme que développe Aglaia Konrad peut être compris comme une pensée de structures communautaires. Ses photographies - toujours des images de villes - suivent le critère d'ordre tracé d'après ce modernisme classique que l'on doit à des modes de représentation issus de la Renaissance.
L'ordre et le chaos des espaces urbains, comme ils se manifestent à l'arrière plan et au premier plan des photographies, sont associés à des vues du ciel qui révèlent le fait que ces espaces urbains ne peuvent exister sans le code de l'organisation, des abscisses et des ordonnées.
Avec des gros-plans de populations en mouvement, douées d'ubiquité dans ces espaces urbains, des photographies d'immeubles modernistes ou de salles d'attente publiques, de prestigieuses salles de réception, la photographe semble nous présenter toutes les possibilités de représentations de l'espace urbain, soulève la question de la statique et de la dynamique, celle de l'ordre et du chaos et apporte différentes réponses à la question du développement urbain, moderne et dynamique. Les séries de photographies d'Aglaia Konrad attirent notre attention sur cette histoire urbaine car elles nous présentent des lieux que nous avons tous un jour parcourus, vus, utilisés.
Sa scénographie est à mettre en relation avec l'intérêt qu'elle porte à l'espace d'exposition et son lien avec l'extérieur. Utilisant des fenêtres, des portes ou n'importe quel type d'ouverture, l'artiste cherche à formuler un certain type de montage reliant le document d'archive à la situation actuelle.
Aglaia Konrad a établi des projets de petites publications variées regroupant des problématiques plus spécifiques. Avec cette pratique de la publication, elle questionne le rôle de la forme (représentationnelle) une fois imprimée.
« A la fin des années 1970, le gouvernement égyptien décida de bâtir des villes nouvelles dans le désert afin de freiner la croissance d'Alexandrie et du Caire, tout en combattant l'urbanisation des terres cultivables. D'où un programme public ambitieux, axé sur l'infrastructure et la constructon de logements, qui fut suivi et développé par des projets d'investissements privés. La plus ambitieuse de ces cités du désert est Sadad City, conçue comme une nouvelle capitale, avec des habitations et des bâtiments publics luxueux. Mais les autres villes plus proches du Caire, ne sont pour la plupart que des cités-dortoirs (...). Dans son ensemble, l'opération n'a pas semblé et ne semble toujours pas "fonctionner" comme prévu. Le programme n'en a pas moins été exécuté, depuis plusieurs décennies, comme planifié au départ. La conséquence en est un cercle de "banlieues" monotones, inachevées, à moitié vides et déjà largement délabrées dans le paysage désertique - et donc sublime à sa manière - qui entourre le Caire. Des rues et des lampadaires et des parcelles en attente de maisons qui n'arrivent pas ; des séries de blocs identiques, séparés par des terrains en friche et non par de la verdure, comme le suggère les brochures promotionnelles ; des villas abandonnées que les banlieusards ordinaires ne peuvent pas s'offrir et où les riches ne veulent pas habiter ; des façades aveugles derrière lesquelles personne ne vit, avec, ça et là, une fenêtre ouverte, du linge sur un balcon, ou une terrasse décorée de peitures ou de carreaux traditionnels.
Ces villes du désert, Aglaia Konrad les a photographiées pour la première fois en 1992, et elle y est retournée une bonne décennie plus tard. Le nom du projet est : Desert City... » BV
Extrait du texte de Bart Verschaffel, Desert Cities, in catalogue de l'exposition
Ressources : Texte Antonio Guzman, "Le protocole d'une photographie topique", paru dans le catalogue "Aglaia Konrad. Elasticity", NAI Publishers, Rotterdam, 2002

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