Sète en 3009, 2000 (collection du Musée International des Arts Modestes à Sète) - Allemagne An 2000, 1998 - Italie, 1989 - Paris Nouvel, 1989 (collection du Fonds National d'Art Contemporain - Maquettes
Bodys Isek Kingelez est né en août 1948 à Kimbembele Ihunga (Congo), aux frontières des provinces de Bandundu et du Kasaï occidental. Il a beaucoup vécu à Kanananga avant de revenir enseigner dans une école secondaire jusqu'en 1977, à Kinshasa, où il vit et travaille actuellement.
Autodidacte de talent, Kingelez est engagé comme restaurateur par le Directeur de l'Institut des Musées nationaux du Zaïre. En 1985, il baptise son art "Architecture maquétique".
André Mangin, à propos de "Les magiciens de la terre", exposition à laquelle ont participé seuls trois Zaïrois dont Bodys, raconte dans "Kinshasa Congo" de Titouan Lamazou comment l'homme de la ville repensée "a réalisé en 1989 une étrange sculpture en carton, papier sous la forme d'une maquette de bâtiment venu de nulle part, manifestant une sorte de pouvoir et d'absolu". Depuis cette exposition de 1989, qui le propulse sur la scène internationale, Bodys Isek Kingelez, n'a cessé d'exposer ce qu'il aime appeler ces "extrêmes maquettes". Des gratte-ciel, des bâtiments administratifs, tous en modèles réduits s'élancent vers le ciel de Kinshasa dans une atmosphère d'utopie urbaine. Ils sont le fruit d'une imagination fertile, fantasque, apparemment imperméable à l'éloquente tradition africaine des masques, de la sculpture et de la peinture murale.
Fasciné par l'aspect incontrôlable, bouillant, des paysages de villes, il puise son inspiration dans les grandes métropoles européennes et africaines avant de mettre en place ses structures à lamanière d'un jeu de légo. Il n'hésite pas d'ailleurs à revisiter en réduction les thèmes récurrents à cette architecture post-moderne : bâtiments officiels ou constructions à forte charge symbolique. Des constructions comme "La Méditerannéenne", "Le mauzolée Kingelez" ou encore "La rue des soôlards" témoignent d'une même facultée de ré-interprétation des modèles architecturaux post-modernes.
A la base de tout projet, il écrit un texte esquissant avec rigueur et précision les intentions sous-jacentes, le programme de construction. Pour la réalisation, il utilise des matériaux très simples, essentiellement du papier et des morceaux de carton récupérés qu'il agence dans une sorte de bricolage minutieux et précis, ne laissant de côté aucun détail superflu.
Dissimulant l'aspect froid et distant de l'objet maquette, les façades sont agrémentées de couleurs acidulées, les couronnements et les base des monuments animés de drapeaux, fanions et oriflammes. Tout en déployant magnifience et apparat, ses maquettes aux allures post-modernes revisitées, demeurent pourtant de pures conceptions imaginées, sans le moindre lien avec le monde des entrepreneurs.
Extrait de "Propos recueillis par André Magnin, Kinshasa, Paris, 2000", in catalogue de la Médiatine
" (...) A ce jour, j'ai réalisé 3014 oeuvres. En grand comme en tout petit. J'ai imagné aussi des villes entières ; c'est une contribution irréfutable à la vie, à la science. Mon oeuvre compte quatre villes. Kinshsa du 3e millénaire, la troisième, est une révolution. C'est une ville libre, paisible. J'aime la paix et la liberté. C'est une ville où les délinquants, la police et les prisons n'existent pas. Beaucoup pense que l'art ne contribe à rien. Moi, j'affirme que mon art contribue à la science, à une vie meilleure. Je ne veux pas penser aux difficultés et à la misère. Les mots, les commentaires que j'écris accompagnent la vision qui a demeuré en moi avant que l'oeuvre ne soit réalisée. En premier lieu je pense le nom (le titre) de la maquette ; j'attends la vision puis je la rends réalise. Je ne fais jamais de dessins préalables. La pensée me donne tout, même la forme et les couleurs. J'écris comme j'invente mes sculptures. C'est porquoi, je dois investir les mots qui correspondent à ma vision et à mes oeuvres que je réalise en dehors de l'histoire, de la mémoire, des conseils et des savoirs académiques. Je suis tout à la fois concepteur, architecte, maquettiste, ingénieur, artiste." AM
Bodys Isek Kingelez est né en août 1948 à Kimbembele Ihunga (Congo), aux frontières des provinces de Bandundu et du Kasaï occidental. Il a beaucoup vécu à Kanananga avant de revenir enseigner dans une école secondaire jusqu'en 1977, à Kinshasa, où il vit et travaille actuellement.
Autodidacte de talent, Kingelez est engagé comme restaurateur par le Directeur de l'Institut des Musées nationaux du Zaïre. En 1985, il baptise son art "Architecture maquétique".
André Mangin, à propos de "Les magiciens de la terre", exposition à laquelle ont participé seuls trois Zaïrois dont Bodys, raconte dans "Kinshasa Congo" de Titouan Lamazou comment l'homme de la ville repensée "a réalisé en 1989 une étrange sculpture en carton, papier sous la forme d'une maquette de bâtiment venu de nulle part, manifestant une sorte de pouvoir et d'absolu". Depuis cette exposition de 1989, qui le propulse sur la scène internationale, Bodys Isek Kingelez, n'a cessé d'exposer ce qu'il aime appeler ces "extrêmes maquettes". Des gratte-ciel, des bâtiments administratifs, tous en modèles réduits s'élancent vers le ciel de Kinshasa dans une atmosphère d'utopie urbaine. Ils sont le fruit d'une imagination fertile, fantasque, apparemment imperméable à l'éloquente tradition africaine des masques, de la sculpture et de la peinture murale.
Fasciné par l'aspect incontrôlable, bouillant, des paysages de villes, il puise son inspiration dans les grandes métropoles européennes et africaines avant de mettre en place ses structures à lamanière d'un jeu de légo. Il n'hésite pas d'ailleurs à revisiter en réduction les thèmes récurrents à cette architecture post-moderne : bâtiments officiels ou constructions à forte charge symbolique. Des constructions comme "La Méditerannéenne", "Le mauzolée Kingelez" ou encore "La rue des soôlards" témoignent d'une même facultée de ré-interprétation des modèles architecturaux post-modernes.
A la base de tout projet, il écrit un texte esquissant avec rigueur et précision les intentions sous-jacentes, le programme de construction. Pour la réalisation, il utilise des matériaux très simples, essentiellement du papier et des morceaux de carton récupérés qu'il agence dans une sorte de bricolage minutieux et précis, ne laissant de côté aucun détail superflu.
Dissimulant l'aspect froid et distant de l'objet maquette, les façades sont agrémentées de couleurs acidulées, les couronnements et les base des monuments animés de drapeaux, fanions et oriflammes. Tout en déployant magnifience et apparat, ses maquettes aux allures post-modernes revisitées, demeurent pourtant de pures conceptions imaginées, sans le moindre lien avec le monde des entrepreneurs.
Extrait de "Propos recueillis par André Magnin, Kinshasa, Paris, 2000", in catalogue de la Médiatine
" (...) A ce jour, j'ai réalisé 3014 oeuvres. En grand comme en tout petit. J'ai imagné aussi des villes entières ; c'est une contribution irréfutable à la vie, à la science. Mon oeuvre compte quatre villes. Kinshsa du 3e millénaire, la troisième, est une révolution. C'est une ville libre, paisible. J'aime la paix et la liberté. C'est une ville où les délinquants, la police et les prisons n'existent pas. Beaucoup pense que l'art ne contribe à rien. Moi, j'affirme que mon art contribue à la science, à une vie meilleure. Je ne veux pas penser aux difficultés et à la misère. Les mots, les commentaires que j'écris accompagnent la vision qui a demeuré en moi avant que l'oeuvre ne soit réalisée. En premier lieu je pense le nom (le titre) de la maquette ; j'attends la vision puis je la rends réalise. Je ne fais jamais de dessins préalables. La pensée me donne tout, même la forme et les couleurs. J'écris comme j'invente mes sculptures. C'est porquoi, je dois investir les mots qui correspondent à ma vision et à mes oeuvres que je réalise en dehors de l'histoire, de la mémoire, des conseils et des savoirs académiques. Je suis tout à la fois concepteur, architecte, maquettiste, ingénieur, artiste." AM
Ressources : www.miam.org ; www.fnac.culture.gouv.fr ; www.fondation.cartier.fr

Merci de partager cette info. J'ai trouvé cela intéressant alors bon voilà, autant vous le dire dans ce petit commentaire. Ca ne coûte pas grand chose et comme j'ai un blog aussi, moi j'aime bien qu'on me le dise ;-) Au moins comme cela je perçois un peu la qualité de mon audience. Very good ! decoration murale
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